FLE de joie

Le plan de la ville en classe de FLE

Le plan d'une ville peut être un auxiliaire didactique intéressant pour développer la compétence de production orale en général, deux objectifs concrets pouvant être visés: faire acquérir les énoncés nécessaires pour demander son chemin et indiquer le chemin, et former la capacité à parler d'une ville, surtout celle où l'on vit.

Le plan doit être présenté sous la forme d'une planche assez grande, ou projetée, pour que tous les élèves le voient bien. Si l'on dispose d'une salle multimédia avec connexion à l'Internet, la projection peut se faire en ligne, à partir d'ici, où on peut trouver les plans de beaucoup de villes.

I. Demander son chemin et indiquer le chemin

Pour travailler sur ces actes de parole, on peut suivre la démarche suivante:

1. Tout d'abord, on présente aux élèves la situation de communication qu'on va simuler: une personne étrangère à notre ville nous arrête dans la rue et nous demande comment arriver à un certain endroit.

2. On distribue une feuille avec les énoncés à utiliser dans cette situation:

ABORDER QUELQU'UN

Dites (-moi), | Madame / Mademoiselle / Monsieur |, …
| Excusez-moi, / Pardon, | Madame / Mademoiselle / Monsieur |!
| Madame / Mademoiselle / Monsieur |, je vous prie!
S'il vous plaît, | Madame / Mademoiselle / Monsieur |!

RÉPLIQUER À QUELQU'UN QUI NOUS ABORDE

Oui?
Vous désirez? (fam.)

DEMANDER SON CHEMIN

…, c'est de quel côté, s'il vous plaît?
C'est où exactement, …?
Je cherche …
Je voudrais aller à … Pouvez-vous m'indiquer le chemin?
Où est …?
Où est-ce que je pourrais trouver | un / une / des | …?
Où se trouve …?
Par où il faut aller à …?
Pour aller à …, s'il vous plaît.
Pourriez-vous m'indiquer …?

INDIQUER LE CHEMIN

Allez tout droit jusqu'à repère, et puis …
C'est | à côté de / à droite de / à gauche de / derrière / en face de | …
C'est | (très) loin / (tout) près / à x mètres | d'ici.
Prenez | l'autobus / le tram(way) | ligne x dans cette direction-là et descendez au x-ième arrêt.
Prenez | la première / la deuxième | rue | à droite / à gauche |, et puis …
Tournez | à droite / à gauche |, et puis …
| Venez avec moi. / Je vous (y) emmène. / Suivez-moi. | C'est dans mon chemin. / Je vais dans la même direction. |

REMERCIER

Je vous remercie (, | Madame / Mademoiselle / Monsieur |).
Merci, | Madame / Mademoiselle / Monsieur |.
Merci beaucoup (, | Madame / Mademoiselle / Monsieur |).

RÉPLIQUER AU REMERCIEMENT

De rien, | Madame / Mademoiselle / Monsieur |.
| Il n'y a pas de quoi / Je vous en prie (, | Madame / Mademoiselle / Monsieur |).

Les élèves lisent ces énoncés et le professeur explique les éventuels mots inconnus, en précisant le degré de politesse des énoncés.

3. On passe à la simulation d'une situation concrète. On imagine qu'on rencontre un étranger à tel endroit et qu'il veut arriver à tel autre endroit. On établit si la personne est en voiture ou à pied. On demande d'abord aux élèves de dire à la 3e personne ce qu'il faut faire pour arriver à la destination en cause, en suivant l'itinéraire sur le plan. On insiste sur la nécessité de fournir des repères sans recourir à des noms de rues ou d'endroits, du genre « le cinéma X » ou « le monument Y ». On fait ensuite jouer le dialogue exigé par la situation. Voici un exemple de dialogue possible:

– S'il vous plaît, Mademoiselle!
– Oui?
– Parlez-vous français?
– Oui, un peu.
– Dites-moi, s'il vous plaît, par où il faut aller au centre-ville?
– Allez tout droit jusqu'au bout de cette rue, puis tournez à gauche et allez jusqu'à la première place. Ensuite tournez à droite et allez tout droit jusqu'au bout de la rue. C'est là le centre-ville.
– Merci, Mademoiselle.
– Je vous en prie, Madame.

4. Pour continuer, on imagine d'autres itinéraires, de plus en plus complexes. Le professeur n'intervient pas au cours des dialogues, sauf pour corriger d'éventuelles fautes qui empêchent la compréhension, ou les éléments illogiques et non-plausibles qui apparaissent forcément, étant donné le caractère simulé des situations.

II. Présentation de la ville

À part le développement de la compétence de production orale que cette activité vise principalement, c'est aussi une occasion de transmettre des connaissances sur la ville des élèves ou de les raffraîchir, tout en contribuant à rendre les apprenants conscients des qualités de leur ville.

1. Dans un premier temps, on consacre une classe à part pour faire connaître aux élèves les données essentielles concernant l'histoire, les monuments, la vie économique, culturelle et scientifique de la ville. On peut le faire en leur fournissant le texte d'une présentation schématique qui suit un circuit des principaux objectifs à connaître. En fonction du niveau des élèves, on l'exploite en suivant le trajet sur le plan, par un jeu de questions-réponses ou en demandant aux élèves de développer le schéma sous forme de phrases complètes. À titre d'exemple, voici le schéma que j'utilise pour ma ville. Il est accompagné d'explications de vocabulaire en langue maternelle:

À TRAVERS TIMIŞOARA

La Place de la Victoire (le centre-ville) (l'histoire ancienne)
- le monument de la Louve romaine (avec Romulus et Rémus) – le symbole de Rome, donné par cette ville en 1926 – rappel des origines latines des Roumains
- le Musée du Banat – à l'emplacement d'un ancien château féodal du 13e siècle (Timişoara étant fondée au 12e siècle) – pendant quelques années, résidence du roi de Hongrie, Charles-Robert d'Anjou; au 15e siècle donné à Iancu de Hunedoara; aujourd'hui musée d'histoire

La Place de la Liberté
- l'inscription en lettres arabes de l'ancienne mairie – vestige des bains turcs qui existaient à cet endroit aux 16e-17e siècles, époque de la domination turque, Timişoara étant le siège d'un pacha
- l'ancienne mairie, le commandement de la garnison, le cercle militaire, le monument de Saint Jean Népomucène – construits au 18e siècle, en style baroque, après l'occupation de Timişoara par les troupes autrichiennes commandées par le prince Eugène de Savoie

La Place de l'Union – centre bourgeois de la cité autrichienne construite au 18e s., en style baroque
- la cathédrale catholique (le Dôme), l'église orthodoxe serbe, le Vicariat serbe, les maisons des chanoines
- le palais baroque – ancien bâtiment administratif du Banat (aujourd'hui musée d'art)
- le monument de la Trinité – élevé après une épidémie de peste au 18e s.
- la source d'eau minérale thermale

Le Palais du tribunal – construit au 19e siècle, en style Renaissance

Le Bastion – reste des fortifications de la cité du 18e s., en style Vauban – aujourd'hui des salles d'expositions, des magasins, un restaurant, la Bibliothèque municipale, le Musée d'ethnographie

L'Université de médecine

Le bâtiment administratif du département de Timiş – la Préfecture et le Conseil départemental

La rue Loga – le Centre culturel français

Les bords de la Bega – les parcs (Timişoara, ville des fleurs), l'Université de l'Ouest, l'Université Polytechnique (Timişoara, ville universitaire)

La Place de la Vierge Mariel'église réformée – point de départ de la Révolution de 1989

La Place de la Victoire (la ville actuelle)
- la cathédrale orthodoxe roumaine – fondée par le roi Michel Ier, construite en 1936-1940, inspirée du style byzantin et de celui des monastères de Moldavie – le musée d'art religieux du sous-sol, le portrait du roi en fondateur
- le bâtiment de l'Opéra – un opéra et trois théâtres: roumain, hongrois et allemand – le caractère pluriethnique de Timişoara

Explications

louve f. lupoaică
emplacement m. loc, amplasament
château m. castel
endroit m. loc
siège m. (ici) sediu
autrichien, -ne austriac, -ă
chanoine m. canonic (preot catolic, membru al consiliului episcopal)
Trinité f. (Sfânta) Treime
peste f. ciumă
vierge f. fecioară
départ m. pornire, plecare
hongrois, -e maghiar, -ă
allemand, -e german, -ă

2. Au cours de la classe suivante, on organise un jeu de rôles où un étranger est guidé par un habitant de la ville sur l'itinéraire déjà établi. « La promenade » se déroule, bien entendu, sur le plan. Pour que le plus d'élèves possible y participent, le trajet est divisé en segments et les couples d'élèves qui jouent se relayent. « Le touriste » pose des questions du genre « – Qu'est-ce que c'est? », « – De quand ça date? », « – Qu'est-ce que c'est comme style? », « – C'est quoi, ce bâtiment? », « – Que représente ce monument? », etc. « Le guide » répond aux questions, donne des explications, attire l'attention sur des objectifs (« – Vous voyez ce bâtiment-là? », « – Regardez … », « – Je vais vous faire voir quelque chose d'intéressant. »), dit ce qu'ils vont faire (« – On prend cette rue-là. », « – On traverse par là. »), etc.

Une difficulté qui apparaît au cours de cette activité, c'est que les élèves ont tendance à formuler des énoncés lourds et/ou non-plausibles, c'est pourquoi le professeur doit intervenir, mais seulement pour faire simplifier les phrases et faire jouer le plus naturellement possible.



18/12/2007
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